des habits et moi

Les peintures de Melinda Erdohati sont accessibles entre 600 et 1000 euros


 

Melinda Erdőháti vit et travaille à Budapest, Hongrie.


 

Texte de Anne-Sophie Kovacs, conservatrice au musée des Beaux-Arts de Budapest 

 

Depuis plusieurs années, à travers une suite de toiles, Melinda Erdőháti réalise un inventaire atypique de sa garde-robe. Observant les habits rangés dans son armoire ou accrochés dans sa penderie, elle porte un regard à la fois personnel et distancié sur cette seconde peau qu’est le vêtement.

Le titre de la série, Des habits et moi, dépasse le simple jeu de mots. Au-delà du clin d’œil à la célèbre chanson de Juliette Gréco, l’expression évoque tout à la fois l’effeuillage d’un corps et le dévoilement d’un tempérament. Elle renvoit à la dualité du vêtement, qui dissimule la silhouette tout en révélant la personnalité de celui qui le porte. Derrière les blouses abandonnées, les tenues empilées les unes sur les autres ou suspendues à des cintres, se cache un autoportrait en creux de l’artiste, une revue de ses choix, de ses goûts et, surtout, de son penchant pour la couleur.

Car, aux yeux de Melinda Erdőháti, les vêtements sont avant tout des surfaces colorées : sa garde-robe est une palette. Au quotidien, Melinda Erdőháti se couvre de tissus chatoyants comme elle recouvre la toile de pigments. Son vestiaire, étudié, choisi, est aussi un catalogue de teintes, un nuancier de ses souvenirs chromatiques, récoltés au gré de ses promenades et de ses visites de musées.

Dans ses peintures, elle marie les accords et les désaccords de tonalités, faisant alterner les rouges vibrants et les bleus intenses avec les unions plus subtiles de tons pastels. Le blanc, champ neutre, sert de liant, accentue la profondeur des teintes, équilibre les harmonies de tons et de formes.

Le plus souvent, les surfaces sont travaillées à l’huile, en touches ou en aplats juxtaposés. Mis à part l’évocation d’un motif ou d’une broderie, on ne trouve ici que peu de détails. Ce qui intéresse avant tout l’artiste, ce n’est pas l’ondulation du drapé, ni le rendu des textures et des textiles, mais la recherche des teintes justes : à ses yeux, le tissu est d’abord le support, la matière vibrante de la couleur.

Née en 1970, Melinda Erdőháti travaille dans les domaines de la peinture et de l’estampe. De la Roumanie à Budapest, où elle vit et travaille actuellement, son cheminement l’a menée à travers toute l’Europe. Elle a vécu plusieurs années à Bruxelles, où elle a fait ses études à l’Académie Royale des Beaux-Arts.