Né en 1993, Olivier Marin vit et travaille entre la France et la Belgique.

 

Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre en Belgique, Olivier Marin étonne par l'intelligence et la certitude de son trait. Il n'hésite pas à transposer son univers froid et surréaliste au-delà du support papier en utilisant des carnets , des objets ainsi que les propres murs où sont accrochés ses dessins. La superposition des plans et d'échelles multiples nous plonge dans un spectacle aux scènes irréelles où des apparitions désincarnées évoluent dans un désert de lumière blanche. L'artiste décrit ses corps comme "Débris de l’âme (..) et extases éclatées." Le travail de ce jeune plasticien révèle de la violence, de l'amour, de la prédation, de l'usure et de la folie; autant de thèmes qui s'entrecroisent et se nourrissent les uns des autres.

 

" Olivier Marin présente de grands dessins, dans lesquels des protagonistes divaguent au sein d’un espace scindé à la plume et à l’encre, dont la matrice est le papier.

Des corps épars (humains, animaux, minéraux, végétaux…) y interfèrent dans une évolution incertaine.

Ces éléments ne semblent pas appartenir au même système, au même plan.

Différentes facettes paraissent se déployer indépendamment les unes des autres puis subitement se confrontent, semblables à autant d’univers parallèles qui entrent soudainement en collision pour ne faire qu’un.

Chaque dessin livre des oscillations ambiguës autour de la construction de l’espace qui varie entre la singularité, la multiplicité et l’association de ces différents états.

Les frontières représentées sont évidentes et le trait est aussi bien géniteur de l’espace qu’il le fragmente, l’enferme et l’ouvre selon la dynamique de fluctuation à l’oeuvre : les clôtures jouxtent l’horizon, les ombres deviennent lignes et l’absence devient substance. De cet ensemble résulte une condition indéterminée.

L’horizon devient l’excuse des possibles à travers laquelle la ligne intervient avec froideur et brutalité, souligne et évoque l’acte afin de créer l’espace ; dissension des surfaces, couleurs, lignes et actions. La couleur est peu présente. Lorsqu’elle intervient c’est pour souligner une dualité, un conflit, une interaction ou un changement d’état.

Il s’agit de questionner l’Homme et le rapport qu’il entretient à son milieu au sens large, en partant du principe que l’Homme n’existe pas en lui-même, mais bien dans, avec et par son environnement. Animal à part entière naviguant entre dénie et acceptation de ces conjonctures dans un flottement hasardeux, affirmant sa dissemblance à une condition animale qui lui est inhérente et dont il ne peut pas se séparer par son essence même.

La capacité d’intellectualiser un espace et un environnement par la création d’images et la projection mentale se traduit par l’acte du dessin:

se contextualiser et se définir dans un espace concret via un espace artificiel définit par l’esprit, est-ce la distinction entre l’humain et le reste du règne animal?

Lorsque la représentation de batraciens, poissons, reptiles intervient, c’est l’aspect fondateur et archaïque qui est mis en avant, la vie primitive dont ils témoignent et dont nous sommes issus, réminiscence de nos racines biologiques.

Paradoxalement, lorsque interviennent d’autres animaux il s’agit de ceux qui accompagnent l’Homme, qui jouent un rôle définit par celui-ci et dont l’utilisation et/ou le contact par l’humanité a fondamentalement modifié leur morphologie/comportement/équilibre pour des raisons diverses comme l’élevage,le divertissement,le labeur,la guerre,la prédation,le parasitisme ou l’opportunisme (chiens,chevaux,bétail,gibier,charognards/détritivores…).

L’impact humain sur son milieu résonne ici à travers les notions de frontière, parcellisation, utilisation/imitation/destruction/assimilation de la nature,

rôle en tant que dernier échelon de la chaîne alimentaire.

le corps et son utilisation deviennent politiques.

La prédation (alimentaire, sociale, économique, identitaire, sexuelle, historique, intellectuelle , fantasmée…) définit la position de l’Homme au même titre que les rebuts et ressources qu’il produit (sang, pétrole, déjections, eaux usagées, boue, minerai, déchets…).

La poussière et les ramas engendrés par l’activité de l’Homme deviennent partie prenante de son Être.C’est cette identité/morphologie fluctuante de l’Homme et de son milieu qui est traitée ici."