# 3  [ Un artiste, une galeriste : rencontre avec Tami Bone ]

Tami Bone est une artiste que je n'ai jamais rencontré. Elle Texane, moi Parisienne exilée... l'occasion ne s'est pas encore présentée.

Cette perspective peut sembler étrange de prime abord : le galeriste est un intermédiaire, un passeur qui se doit de connaître et d'aimer profondément le travail de ses artistes pour être à la hauteur de leur promotion. Si la question du contact humain se pose régulièrement depuis l'inauguration de Misia Gallery, le rapport au contact virtuel se dévoile petit à petit grâce ses infinies possibilités.

 

 

Je découvre par hasard la série « Mythos » au fil de mes pérégrinations sur le web. Happée par ce monde fantastique aux couleurs sépia, je rentre dans son histoire. Je me retrouve enfant, le temps d'un week-end à la campagne avec mes deux frères, nous attaquant à la mare aux canards et nous lançant à la recherche du trésor perdu par les pirates aux confins d'une province sauvage et mystérieuse. Je devine les paysages déserts du sud des États-Unis, j'imagine un retour à la nature, j'entrevois le flou de mes rêves. 

Il me semble alors que chacun d'entre nous se retrouve dans sa féerie animalière où l'enfant est le héros. Tami envisage ses créations comme une quête intime et personnelle. Autodidacte, elle se forme professionnellement à la post-production photographique afin de rendre a ses tirages de faux airs d'albumine « Burtonien ». 

 

Lorsque je lui écris pour lui proposer une collaboration, je fais la connaissance d'une photographe qui se révèle emplie de gentillesses, d'empathie et d'exigence. Le début d'une amitié que je pense sincère se tisse. Les premières années de ma vie passée en Oklahoma dans la minuscule ville de Lawton dont Tami est familière, me prouvent qu'au-delà d'Internet, notre rencontre est corollaire de ce si small world.  

Caroline Courly, directrice de Misia Gallery

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